Qu'est-ce que des patients estiment devoir enseigner à de futurs médecins généralistes ?

par : Olivia Gross et Yannick Ruelle

Succès

Campagne réussie

2 600 € collectés

Grâce à la générosité de 26 contributeurs, la campagne lancée par Olivia Gross et Yannick Ruelle a atteint son objectif de collecte, le lundi 4 juillet 2016.

À propos de ce projet

Pour améliorer l'expérience du parcours de soins des patients, la faculté de médecine de Bobigny va intégrer des patients comme enseignants dans le cursus de médecine générale. Il est attendu que les enseignements faits par des patients contribuent à humaniser les soins et à les rendre plus en phase avec les attentes des patients. Mais il va falloir structurer ces enseignements.

Nous avons recruté une quinzaine de patients dont un tiers est concerné par une maladie rare. Les patients vont participer à tous les enseignements et identifier, au cours des échanges avec les internes, les messages clés qu'ils estiment utiles de délivrer à des jeunes médecins. Cette recherche porte sur l'identification de ces contenus. Quand ils seront identifiés, il sera alors possible de construire un programme d'enseignement commun à tous les patients, ce qui devrait en majorer l'efficacité.

Contexte

On sait, depuis les années sida, et plus généralement depuis la loi Kouchner (2002) que l'expertise des malades pouvait être sollicitée pour impacter positivement la prise en charge des maladies et la qualité du système de soins. Le cadre de la formation médicale des médecins généralistes paraît être un nouveau contexte où cette expertise gagnerait à être convoquée.

A l'étranger de nombreux programmes existent. En France, certaines associations ont réussi à pénétrer dans les universités pour y répandre leurs messages, mettant beaucoup d'énergie à cela à partir du constat que plus les médecins les entendent précocement dans leur carrière, plus les messages portent.

Notre projet, destiné à des internes qui ont déjà la responsabilité de malades, est particulièrement ambitieux puisqu'il vise à déployer des patients-enseignants dans presque tous leurs cours et à ce que ces patients y délivrent un contenu pédagogique qui corresponde à ce qu'ils ont vraiment envie de délivrer.

Objectif

Le projet vise à soutenir la centration des médecins de demain sur les attentes de leurs patients. Nous nous attendons à ce que les patients introduisent des notions permettant de répondre aux enjeux actuels de la relation de soins. En effet, les patients attendent aujourd'hui de leur médecin davantage que des décisions médicales. En les immergeant dans la formation médicale, ils vont pouvoir nous dire ce qui, selon eux, doit être enseigné ou renforcé dans les enseignements.

Soutenir ce projet, c'est démocratiser la médecine, c'est bouleverser les pratiques, c'est pouvoir créer les conditions favorables pour que les internes puissent entrevoir que la culture médicale n'est pas, comme toute culture, exempte de traditions à réinterroger.

Enfin, c'est nous permettre de faire nos preuves et c'est donc ouvrir la voie pour que d'autres universités créent des programmes similaires. Avec à terme l'objectif que les futurs médecins aient intériorisé en eux la voix des malades et qu'ils soient plus en capacité d'écouter et/ou de faire naître celle des patients en face d'eux.

Etapes

Si l'on veut que le programme "patients-enseignants" soit efficace, il est nécessaire de le structurer.

Dans un premier temps (janv-juin 2016), nous voulons déployer le programme dans les 3 années de médecine générale. Lors de cette période d'immersion, les patients-enseignants se frotteront aux internes, à leurs questions, réactions. De nombreux allers-retours entre le terrain (les cours) et la réflexion collective entre patients-enseignants sont nécessaires pour identifier ce qu'ils estiment être de l'ordre des besoins éducatifs des internes. Nous estimons être en capacité fin juin d'identifier les objectifs pédagogiques de l'enseignement selon la "perspective patient" en médecine générale.

Une fois ces objectifs pédagogiques identifiés, lors d'une étape ultérieure, ils seront traduits en contenus pédagogiques et enseignés à partir de la rentrée prochaine par des patients-enseignants. Commencera alors une nouvelle phase du projet.

Budget : 2 600 €

Libellé
Montant
Financement des patients-enseignants
2 600 €

Le budget alloué par l'université a couvert les coûts de la moitié du projet pour les mois de janvier à fin juin. Pour terminer cette année universitaire, nous avons besoin de 2600 euros. Cette somme couvre les frais concernant le déploiement en masse des patients-enseignants.

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Soutenu par

Etablissement

Université Paris 13

Approuvé par