ApoE, une cible unique pour lutter contre les virus de l’hépatite B, C et E ?

par : Yannick Treguier , jean-christophe meunier et Anne Maurer

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Objectif : 17 000 €

Durée : 90 jours

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À propos de ce projet

Les atteintes pathologiques du foie constituent actuellement l’un des groupes de pathologies les plus fréquents au niveau mondial, et leur survenue est en constante augmentation ces dernières années. Les hépatites d’origine virale représentent la majeure partie de ces atteintes et sont induites par les virus des hépatites (A, B, C, D et E). En effet, on dénombre par exemple, plus de 71 millions de porteurs chroniques du virus de l’hépatite C (VHC) dans le monde et 1,75 millions de nouveaux infectés sont déclarés chaque année. Les pathologies chroniques induites par les virus de l’hépatite B (VHB) et C évoluent en général sur plusieurs décennies et entraînent le développement d’une fibrose (altération de la structure et des fonctions du foie). Les stades ultimes de ces évolutions : la cirrhose et le cancer du foie (hépatocarcinome), ont un pronostic souvent très défavorable. D’autre part, le virus de l’hépatite E (VHE) induit généralement des infections aiguës limitées dans le temps, mais qui peuvent chez certains patients immuno-compromis évoluer en infections chroniques. La recherche sur le VHE a longtemps été négligée et très peu d’études sont actuellement en cours dans les laboratoires. Ce virus semble cependant circuler très largement aussi bien dans les pays développés que ceux en voie de développement. On estime par exemple que dans le sud-ouest de la France, plus de 34 % de la population auraient déjà rencontré le virus.

Même s’ils sont génétiquement très différents et appartiennent à des familles éloignées, le VHB, le VHC et le VHE partagent la capacité d’exploiter certains composants du métabolisme lipidique de leur hôte afin de stimuler leur réplication. Le métabolisme des lipides est un mécanisme global de l’organisme qui permet de distribuer aux cellules du corps les lipides produits par le foie. Un composant central détourné par ces virus est une petite protéine appelée apolipoprotéine E (ApoE). Notre laboratoire étudie depuis de nombreuses années le cycle de vie des virus hépatiques, et nous savons maintenant que la survie de ces virus dans la cellule hôte est dépendante de l’ApoE. Si ils se retrouvent dans l’impossibilité d’interagir avec cette protéine, leur production est complètement abolie.

L’objectif de notre projet est de mettre au point une stratégie thérapeutique innovante en perturbant l’interaction virus-ApoE. Elle permettrait d’empêcher la production de trois virus appartenant à des familles très différentes en ciblant une seule et même protéine. Pour ce faire, nous allons tester la capacité d’un certain nombre de peptides (fractions de protéines), correspondants à différentes régions d’ApoE, à inhiber la multiplication du virus dans les cellules hôtes. Ces peptides, en empêchant l’interaction des virus avec l’ApoE pourraient interrompre la production virale. Nous espérons identifier un peptide unique, d’une taille limitée et donc facile à produire, qui aurait une action inhibitrice efficace contre les trois virus.

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Etablissement

Université de Tours

Approuvé par